Affaires
Créer ou reprendre une entreprise, faut-il vraiment se lancer ?
Faut-il quitter le salariat pour créer votre société, ouvrir un commerce ou reprendre une affaire existante, avec l'apport, le prêt et le risque que cela suppose ?
D'après l'Insee, 69 % des entreprises créées début 2018, hors micro-entrepreneurs, étaient encore actives cinq ans plus tard. L'expérience du métier et des moyens financiers solides au départ améliorent nettement les chances. Pour le reste, tout dépend de votre trésorerie personnelle, de votre goût pour la vente et de votre capacité à traverser plusieurs années de revenus incertains.
Réponse courte
Créez ou reprenez une entreprise si vous connaissez le métier, si des clients ont déjà dit oui et si votre foyer peut vivre au moins un an avec un revenu très réduit sans puiser dans l'apport. Faites relire votre prévisionnel par la CCI, la chambre de métiers ou Initiative France avant de signer un bail ou un prêt. Restez salarié, ou démarrez petit, si l'envie vient surtout de fuir votre poste actuel ou si un échec mettrait votre logement en jeu.
Balance du modèle
Trop serré pour trancher
Les deux camps sont presque à égalité — essayez de décomposer davantage les gros éléments.
Choisir mon métier, mes clients, mes horaires et l'équipe avec qui je travaille chaque jour
Les premières années, je me paie peu ou pas, le temps de rembourser le prêt et de constituer de la trésorerie
Comment fonctionne le verdict
Chaque élément compte selon le poids que vous lui avez donné. Les sous-points peuvent renforcer ou affaiblir leur parent de jusqu'à 50 % — votre propre note reste toujours prioritaire.
Touchez n'importe quel argument ci-dessous pour le désactiver et observez la balance bouger — les sous-arguments modifient le poids de leur parent.
Avantages
Inconvénients
Ajustez les arguments et les poids à votre situation — le verdict se recalcule en direct.
À vérifier avant de décider
- Rencontrez un conseiller de la CCI, de la chambre de métiers ou de la BGE pour bâtir un prévisionnel sur trois ans
- Interrogez au moins dix clients potentiels et faites-leur dire ce qu'ils paieraient vraiment
- Calculez combien de mois votre foyer tient avec un revenu très réduit, sans toucher à l'apport de l'entreprise
- Comparez entreprise individuelle, EURL et SAS avec un expert-comptable selon votre rémunération et votre protection sociale
- Consultez les annonces de cession des CCI et chambres de métiers de votre région avant de partir de zéro
- Demandez un prêt d'honneur à Initiative France ou Réseau Entreprendre avant de rencontrer la banque
- Faites relire tout bail commercial par un avocat, en particulier la durée, le loyer, l'indexation et les charges
- Immatriculez l'entreprise sur formalites.entreprises.gouv.fr une fois le financement obtenu
Questions fréquentes
- Quelles sont les chances que mon entreprise tienne cinq ans ?
- Selon l'Insee, 69 % des entreprises créées au premier semestre 2018, hors micro-entrepreneurs, étaient toujours actives cinq ans après. Les sociétés font mieux que les entreprises individuelles classiques (71 % contre 63 %), et le commerce ferme la marche avec 64 %. À situation égale, l'expérience dans le métier, des moyens financiers plus élevés au lancement et la présence de salariés dès le départ augmentent la survie. Côté micro-entrepreneurs, moins de trois sur dix sont encore actifs sous ce régime après cinq ans.
- Est-ce que je risque ma maison si l'entreprise échoue ?
- En entreprise individuelle, votre patrimoine personnel est séparé du patrimoine professionnel par défaut depuis le 15 mai 2022, et vos créanciers professionnels ne peuvent en principe pas le saisir. Une banque peut toutefois vous demander d'y renoncer pour un prêt, avec un délai de réflexion de sept jours. En société, les banques réclament souvent la caution personnelle du dirigeant. Lisez chaque engagement avant de signer et mesurez ce qu'il mettrait en jeu.
- Vaut-il mieux créer de zéro ou reprendre une entreprise ?
- Une reprise apporte dès le premier jour des clients, souvent des salariés formés et des comptes que la banque peut analyser, ce qui facilite le prêt. En contrepartie, vous payez un prix de cession, généralement à crédit, et vous héritez du matériel, des habitudes et parfois des difficultés du cédant. Les CCI et les chambres de métiers recensent des affaires à reprendre, et de nombreux artisans et commerçants partent à la retraite sans successeur.
- Où se faire accompagner avant de se lancer ?
- La CCI pour le commerce et les services, la chambre de métiers et de l'artisanat pour les artisans, la BGE ou France Travail si vous êtes demandeur d'emploi. Initiative France accorde des prêts d'honneur à taux zéro et sans garantie, autour de 10 000 € en moyenne, avec un parrain chef d'entreprise. Réseau Entreprendre suit les projets qui prévoient des embauches. Les formalités se font ensuite en ligne sur le guichet unique formalites.entreprises.gouv.fr.
Faut-il quitter le salariat pour créer votre société, ouvrir un commerce ou reprendre une affaire existante, avec l'apport, le prêt et le risque que cela suppose ?
Adaptez-la à votre situation